Gestation de la chienne : durée, étapes et signaux d’alerte

Mis à jour en août 2026

La gestation d’une chienne dure en moyenne 63 jours, mais la fourchette réelle s’étend de 57 à 65 jours après la saillie. On parle donc d’une fenêtre plutôt que d’une date. Deux rendez-vous structurent cette période : une échographie vers le 25e jour, qui confirme la gestation, et une radiographie après le 55e jour, qui compte les chiots. Indiquez la date de saillie pour obtenir le calendrier complet et les jalons à ne pas manquer.

Gestation de la chienneTerme, examens et jalons depuis la date de saillie

S'il y a eu plusieurs saillies, indiquez la première : c'est elle qui ouvre la fenêtre la plus large.

Son profil
Mise bas attendue

Les signaux qui imposent d'appelerPlus de 65 jours depuis la saillie sans mise bas. Des contractions fortes depuis plus de 30 minutes sans qu'un chiot sorte. Plus de 2 heures entre deux chiots alors qu'il en reste. Des pertes vertes ou noirâtres sans chiot dans les 2 heures. Un saignement abondant. Une chienne épuisée, tremblante ou prostrée. Dans ces situations, la seule bonne réponse est le téléphone : nous ne décrivons volontairement aucune manœuvre, elles se pratiquent en clinique.

Source : repères obstétricaux vétérinaires canins (durée de 57 à 65 jours après saillie, 62 à 64 jours après l'ovulation ; échographie dès le 21e jour, minéralisation des squelettes visible à la radiographie après le 55e jour) ; recommandations nutritionnelles NRC 2006 et FEDIAF pour la gestation. Repères indicatifs, ils ne remplacent pas un suivi vétérinaire.

Pourquoi une fourchette et non une date ?

Parce que la saillie et la fécondation ne coïncident pas. Les spermatozoïdes survivent jusqu’à une semaine dans les voies génitales de la chienne, et l’ovulation peut survenir plusieurs jours après l’accouplement. Une saillie du lundi peut donc aboutir à une fécondation du vendredi, ce qui décale d’autant le terme. Comptée depuis l’ovulation, la gestation canine est au contraire remarquablement constante, de 62 à 64 jours : c’est le point de départ qui est flou, pas la durée.

La conséquence pratique vaut d’être connue par tout éleveur ou particulier qui prévoit une portée : si la date compte, par exemple pour organiser une césarienne ou simplement pour être présent, un suivi de progestérone permet de dater l’ovulation et de resserrer l’estimation à un ou deux jours près. Sans ce suivi, la fenêtre de huit jours reste la seule réponse honnête.

Les deux examens qui comptent

L’échographie se pratique dès le 21e jour, idéalement vers le 25e. Elle répond à la première question, la chienne est-elle gestante, et vérifie la vitalité des embryons en montrant les battements cardiaques. Ce qu’elle ne fait pas bien, en revanche, c’est compter : les embryons se chevauchent et se déplacent, et le chiffre annoncé à ce stade se révèle souvent inexact.

La radiographie prend le relais après le 55e jour, quand les squelettes se sont minéralisés et deviennent visibles. C’est le seul examen qui donne un nombre fiable, et cette information n’a rien d’anecdotique : elle vous dit quand la mise bas est terminée. Sans elle, un chiot resté en place peut passer inaperçu pendant des heures, avec les conséquences que l’on imagine pour lui comme pour sa mère. À ce stade de la gestation, l’examen ne présente pas de risque pour les chiots.

L’erreur d’alimentation la plus fréquente

Elle consiste à augmenter la ration dès la saillie. Or les besoins d’une chienne gestante ne bougent pratiquement pas pendant le premier tiers, et ne commencent à monter qu’à partir de la cinquième ou sixième semaine, lorsque les fœtus grossissent vraiment. Nourrir davantage trop tôt ne profite qu’à la mère, qui arrive au terme en surpoids, avec une mise bas plus difficile à la clé. Le bon rythme consiste à passer vers le 35e jour à un aliment de gestation, plus dense et plus riche, puis à augmenter d’environ 10 % par semaine pour atteindre 30 à 60 % de plus qu’à l’ordinaire à la fin. En toute dernière ligne droite, fractionnez en plusieurs petits repas : l’utérus comprime l’estomac et les grandes gamelles ne passent plus.

Un point contre-intuitif mérite d’être souligné : ne supplémentez pas en calcium pendant la gestation sans avis vétérinaire. L’intention part d’un bon sentiment, mais l’effet est inverse de celui recherché. Un apport excessif pendant la gestation endort les mécanismes qui mobilisent le calcium des os, et la chienne se retrouve démunie au moment où la lactation en réclame beaucoup. C’est un facteur reconnu d’éclampsie après la mise bas. Un aliment de gestation correctement formulé apporte déjà ce qu’il faut.

Nous ne décrivons aucune manœuvreVous ne trouverez sur cette page ni geste d’aide à l’expulsion, ni conduite pour ranimer un chiot, ni produit à administrer. Ce n’est pas un oubli : ces gestes s’apprennent et se pratiquent en clinique, et mal exécutés ils blessent la mère comme les petits. Notre rôle s’arrête aux dates et aux signaux qui doivent vous faire décrocher le téléphone. Repérez dès maintenant votre vétérinaire de garde et notez son numéro : le jour venu, ce n’est plus le moment de chercher.

Le calendrier de la gestation, jour par jour

Jalons courants d’une gestation canine, comptés depuis la saillie. Votre vétérinaire les ajuste selon la chienne, la portée et le déroulement.
Jour Ce qui se passe Ce qu’il y a à faire
Jour 0 Saillie, la fécondation peut suivre de plusieurs jours Noter la date, et celle des saillies suivantes
Jours 21 à 25 Les embryons deviennent visibles et le cœur bat Échographie de confirmation
Jours 35 à 40 Les fœtus grossissent, les besoins montent enfin Aliment de gestation, puis 10 % de ration en plus par semaine
Jour 40 Le ventre commence à se voir Vermifugation de fin de gestation, protocole vétérinaire
Jour 45 La chienne se fatigue plus vite Installer la caisse de mise bas dans un endroit calme
Jour 55 et plus Les squelettes sont minéralisés Radiographie pour compter les chiots
Jour 58 Nidification, appétit en baisse Température rectale matin et soir
Jours 57 à 65 Fenêtre de mise bas La chute sous 37,5 °C annonce 12 à 24 heures
Au-delà de 65 jours Le terme est dépassé Consulter sans attendre, même si tout semble normal

Une précision sur la température, parce qu’elle déroute souvent : ce n’est pas la valeur absolue qui compte mais la chute. Prenez-la matin et soir à partir du 58e jour pour connaître la normale de votre chienne, généralement entre 38 et 39 °C. Le passage sous 37,5 °C, souvent vers 36,5 ou 37 °C, signe l’imminence. La température remonte ensuite juste avant les premières contractions.

Infographie Calcul Animaux : Gestation de la chienne

Comment garder ce calendrier sous la main ?

Téléchargez-le en infographie prête à imprimer au format A4, avec les jalons et les signaux d'alerte. Affiché près de la caisse de mise bas, il répond aux questions du moment où l'on n'a plus la tête à chercher.

Télécharger l'infographieVersion PDF à imprimerPNG 355 Ko · PDF 299 Ko · format A4, gratuit

Questions fréquentes

Ma chienne montre tous les signes mais n’a pas été saillie : est-ce possible ?

Oui, et c’est fréquent : on parle de gestation nerveuse, ou pseudogestation. Elle survient six à huit semaines après les chaleurs et peut être spectaculaire, avec un ventre qui s’arrondit, des mamelles qui gonflent, parfois du lait, un besoin de faire un nid et l’adoption de peluches qu’elle protège. C’est un phénomène hormonal normal chez la chienne, hérité de la vie en meute où les femelles non reproductrices aidaient à nourrir les petits. Consultez si elle en souffre, si la production de lait persiste ou si les mamelles deviennent chaudes et douloureuses. La stérilisation, une fois l’épisode passé, évite les récidives.

Faut-il lui donner du calcium pendant la gestation ?

Non, pas de votre propre initiative, et c’est l’inverse de ce que l’on croit. Une supplémentation pendant la gestation freine les mécanismes hormonaux qui vont chercher le calcium dans les os, et la chienne se retrouve incapable de suivre quand la lactation en réclame beaucoup. C’est un facteur reconnu d’éclampsie après la mise bas, particulièrement chez les petites races. Un aliment de gestation correctement formulé couvre les besoins. Si votre vétérinaire juge une supplémentation utile, ce sera après la mise bas et sous son contrôle.

Combien de chiots peut-on attendre ?

Cela dépend surtout du gabarit : deux à quatre chez une petite race, six à huit chez une race moyenne ou grande, avec de larges variations selon la lignée, l’âge de la mère et le rang de la portée. Aucune de ces moyennes ne vous dira ce qu’il en est chez vous : seule la radiographie après le 55e jour donne un chiffre fiable. Son intérêt n’est pas la curiosité, c’est de savoir quand la mise bas est terminée, et donc de repérer immédiatement qu’un chiot manque à l’appel.

Peut-on continuer à la promener ?

Oui, et c’est même souhaitable : des promenades calmes maintenues jusqu’au bout entretiennent sa condition et son moral. Ce qui doit disparaître, ce sont les efforts violents, les sauts, l’agility et les jeux de lancer, surtout dans le dernier tiers. Évitez aussi les contacts avec des chiens inconnus en fin de gestation, ainsi que la baignade. Adaptez simplement le rythme : une chienne gestante se fatigue plus vite et se met en surchauffe plus facilement, ce qui compte particulièrement l’été.

Que surveiller après la mise bas ?

Un contrôle vétérinaire de la mère et des chiots dans les 24 à 48 heures constitue la base. Ensuite, trois choses. Les pertes d’abord : un écoulement rouge brunâtre pendant deux à trois semaines est normal, un écoulement verdâtre, purulent ou malodorant ne l’est pas. L’état de la mère ensuite, avec une vigilance particulière chez les petites races : des tremblements, une raideur, une démarche titubante ou une agitation inhabituelle dans les quatre semaines qui suivent évoquent une éclampsie, urgence vitale qui ne laisse pas le temps d’attendre le lendemain. Les chiots enfin, qui doivent téter et prendre du poids chaque jour. Leur propre calendrier de vermifugation commence dès deux semaines, comme le détaille notre outil vaccins et vermifuges du chien.

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